La scène qu’aucun dirigeant ne veut vivre.
Vous avez sans doute déjà vécu cette scène.
Réunion CODIR. 9h12.
Le point « banal » sur l’avancement d’un projet dérape en 40 secondes.
Deux directeurs s’opposent frontalement : sourires crispés, voix qui montent à peine (mais tout le monde l’entend), regards fuyants autour de la table.
Personne ne dit rien.
Le meeting continue « comme si de rien n’était ».
Et pourtant, chacun a compris : la machine vient de se gripper.
J’accompagne régulièrement des dirigeants dans ces moments-là. Ce qui m’interpelle toujours, c’est la vitesse à laquelle un désaccord technique se transforme en tension relationnelle. Et la lenteur avec laquelle les organisations acceptent de le traiter.
Dans l’exemple ci-dessus, vous avez deux options classiques :
Laisser faire — en espérant que cela se tasse (spoiler : ça ne se tasse jamais).
Intervenir à chaud — en espérant que ça se règle tout de suite (spoiler : tout devient rigide et insoluble).
La voie professionnelle, celle que j’observe comme la plus robuste, est la régulation structurée : une démarche pragmatique, courte, très opérationnelle, qui permet de remettre de la clarté, de restaurer la coopération et d’éviter que les tensions ne deviennent des conflits enkystés.
Voilà ce qui change tout dans un CODIR :
chacun peut dire ce qui est réellement en jeu sans être mis en danger ;
les désaccords deviennent productifs, pas corrosifs ;
les décisions redeviennent fluides ;
la confiance managériale remonte.
J’utilise systématiquement cette approche dans les équipes que j’accompagne, et je constate une constante : la régulation n’est jamais un “plus”, c’est un levier stratégique de performance collective.
Pourquoi je vous en parle aujourd’hui ?
Parce que nous sommes entrés dans une période où la complexité, la pression temporelle et les transformations successives rendent les frictions inévitables.
Ce n’est pas un problème.
Ce qui l’est, c’est de ne pas savoir les traiter à temps.