Leadership Insights par Stéphane Nau
Découvrez ici les réflexions et inspirations pour votre leadership. Des articles, des sources, des études pour un engagement relationnel plus ajusté et source de performance.
M. Dupuis a-t-il eu raison d'embaucher Gaston Lagaffe ?
En ces jours plus calmes, je me suis replongé dans ma bibliothèque de BD et suis retombé sur un vieil album de Gaston Lagaffe : "La cas Lagaffe". Je me souviens qu'il m'a été offert dans une station service Total, lors d'un départ en vacances avec mes parents, cela ne date pas d'hier !
Le relire a été un délice, pour le souvenir de ce voyage et pour ce que Gaston me dit aujourd'hui.
Et si Gaston Lagaffe n'était pas un boulet, mais un génie mal managé ? Réponse dans cet article.
Conflits au CODIR : et si vos tensions étaient en réalité vos meilleures opportunités de transformation ?
Au cours de mes années d'accompagnement d'équipes de direction, j'ai vu fréquemment des CODIR au bord de la rupture.
Des réunions où la tension se coupe au couteau. Des échanges policés en séance, suivis de « réunions après la réunion » dans les couloirs. Des prises de parole cassantes entre un Directeur Commercial sous pression et une Directrice des Opérations au bout du rouleau. Et bien souvent, un Dirigeant pris en tenaille, hésitant entre deux écueils : trancher brutalement pour imposer le calme, ou arrondir les angles en espérant que le temps fera son œuvre. Sans jamais trouver le chemin.
Je vous explique.
Astérix, Tullius Détritus et nos biais relationnels : ma lecture de vacances
Je vous ai déjà parlé de Gaston Lagaffe récemment, retrouvé au fond d'un carton. Et j'ai redécouvert une autre pépite, un classique de la bande dessinée : La Zizanie.
Au-delà du plaisir nostalgique, cette relecture m'a sauté aux yeux comme une formidable allégorie de la vie des organisations.
Dans cet album, Jules César envoie dans le village un personnage toxique nommé Tullius Détritus. Sa méthode ? Il ne livre aucun combat physique. Il se contente d'injecter des insinuations, de créer des asymétries d'information et d'exploiter les failles relationnelles existantes. En quelques jours, le village le plus solidaire du monde antique se transforme en un champ de bataille de sous-entendus et de rancœurs.
Cette relecture m'a poussé à approfondir ce que la systèmie met en lumière : la vulnérabilité des équipes complémentaires. Voici quelques réflexions sur le sujet, au fil de l'eau.
De Deschamps à Zidane : et si le plus dur, c’était la transition ?
C’est le feuilleton qui passionne tous les amateurs de football : la fin annoncée de l’ère Didier Deschamps après le Mondial et l’arrivée de Zinédine Zidane à la tête de l’Équipe de France.
Sur le papier, la transition fait rêver. Pourtant, d’un point de vue managérial, cette situation pose une vraie question de fond, une réflexion que nous devrions avoir plus souvent en entreprise.
Comment succéder à un leader qui a tout gagné et qui incarne les repères d'une équipe depuis plus de dix ans ? Comment, pour le nouveau manager, imposer sa propre vision et de nouvelles règles du jeu, tout en maintenant un niveau de performance stratosphérique ?
Le choix d'Ulysse : et si le contrat était la clé de votre performance managériale ?
L'actualité cinéma nous laisse à voir un film fort : l'odyssée, de Christopher Nolan. Je ne sais pas si ce film est l'exact reflet de l'histoire, mais ce que je vois est une grande fresque, une aventure hors-norme, et un personnage fascinant : Ulysse. Et cela m'a rappelé l'histoire des Sirènes, que 'ai lue quand j'étais petit et qui m'avait à l'époque intrigué.
Alors je me suis replongé dedans...
Face au danger mortel, le héros de l’Odyssée ne s’en remet pas au hasard ou à sa simple force de caractère. Il anticipe.
LLe lien avec le management est clair… je vous explique.
L’illusion du manager omniscient : pourquoi nos modèles de résolution de crise sont obsolètes
Nous vivons dans une culture managériale qui valorise la réponse immédiate. Face à une crise, à une baisse d'engagement ou à un blocage stratégique, la pression repose presque toujours sur les épaules d'un individu isolé — le Directeur Général, le DRH, le Manager — à qui l’on demande d'avoir la vision, la méthode et la solution.
Pourtant, la complexité des organisations actuelles a rendu cette posture d’omniscience totalement intenable…
Retirez le costume : pourquoi vos vacances ne sont pas un privilège (mais un actif stratégique)
Du badge d'honneur de l'épuisement au véritable discernement de leader : comment réapprendre à couper sans culpabiliser ?
C'est l'été. Et pour beaucoup de dirigeants, c’est aussi le retour d'une drôle d'angoisse : celle des vacances. Je me rappelle précisément de ces moments, moi-même en tant que dirigeant, durant lesquels je me sentais mal à l'idée de m'arrêter, même si la perpective de me poserez famille était la plus grande joie de ma vie.
Sur le papier, nous avons une liberté totale. Dans les faits ? Je vois beaucoup de leaders qui s'imposent de ne pas s'accorder de "privilèges", quand ils ne brandissent pas l'épuisement comme un badge d'honneur ("Je n'ai pas pris de vacances depuis deux ans").
Le résultat de ce présentéisme mental ? La culpabilité permanente. Je vous explique.
Dirigeants, leaders : ce que nous apprend Didier Deschamps sur la performance de votre Codir.
Que vous ayez regardé ou pas les matches de l’équipe de France, le parcours de cette équipe est riche d’enseignements. Vu de ma fenêtre de coach d’équipe et de codir, et de formateur, je regarde cela sous l’angle des relations. Quelles capacités Didier Deschamps a-t-il exploitées pour maintenir un tel niveau de performance collective ?
Pour moi, la réponse ne réside pas dans des choix tactiques, mais dans un concept clé que j'accompagne au quotidien en entreprise : libérer la performance relationnelle.
C'est-à-dire l'art de créer un écosystème où la qualité des interactions devient le premier levier de la performance. Je vous explique.
« Ce n’est pas mon job que je quitte, c’est mon manager »
Quand un collaborateur performant claque la porte, le réflexe est souvent de blâmer le salaire, la charge de travail ou le manque de perspectives. Pourtant, dans la majorité des cas, la vérité est beaucoup plus inconfortable. On ne quitte pas une entreprise. On fuit une relation. Le management est avant tout une posture relationnelle. Le problème ? On apprend la finance, la tech ou le marketing à l'école... mais on n'apprend nulle part à interagir sainement avec un autre être humain. Décryptage.
Management : Faut-il « surveiller » ou « veiller » sur la nouvelle génération ?
Pourquoi certains jeunes diplômés s'épanouissent-ils dès leur arrivée, tandis que d’autres démissionnent au bout de 6 mois ? La réponse tient souvent à un seul facteur : la posture de leur manager. Une étude massive menée auprès de 2 000 jeunes diplômés d'écoles de commerce et d'ingénieurs dessine un portrait-robot très clair du "bon chef". Et spoiler : l'autorité purement statutaire est définitivement morte. Décryptage.
Quand le CoDir s'écharpe (et pourquoi l'apéro ne résoudra rien)
Quand la tension monte entre le Directeur Commercial et la Directrice Supply Chain, la tentation est grande de se dire : « C’est un problème d’égos, ils vont se calmer ». Ou pire : « On va régler ça autour d’un verre ». Spoiler : ça ne marche jamais. Le conflit en CoDir n'est presque jamais une affaire de personnes. C’est le symptôme d'un système qui dysfonctionne. Décryptage.
« Lorsqu’une mesure devient un objectif, elle cesse d’être une bonne mesure. »
Cette formulation, attribuée à l’économiste Charles Goodhart, date des années 1970 (Goodhart, Problems of Monetary Management, Bank of England Quarterly Bulletin, 1975). Elle est devenue un repère classique pour comprendre les effets de pilotage par les indicateurs. Or dès que l’on optimise un indicateur, on modifie le système qu’il est censé décrire. Et parfois, on s’éloigne de la réalité initiale…
Le lien avant la structure : ce que je retiens d’Edgar Morin pour le leadership
Depuis longtemps, Edgar Morin est pour moi une source d’inspiration. J'ai attendu un peu avant d'écrire cet article pour tenter, à mon humble niveau, de vous partager quelques réflexions. Ses écrits, rencontrés au fil de mon parcours, ont souvent agi comme des points d’appui dans ma manière de penser et de construire mes accompagnements…
Des équipes silencieuses ne sont pas des équipes performantes.
Chez Google, le projet Aristote a étudié plus de 180 équipes pour comprendre ce qui différencie les équipes les plus performantes. Le résultat a surpris tout le monde : le facteur numéro un n’était ni le niveau d’expertise, ni l’intelligence collective, ni le talent individuel. C’était la sécurité psychologique. Autrement dit : la possibilité de parler, proposer, questionner… et se tromper sans craindre l’humiliation ou la sanction.
Dans beaucoup d’entreprises, le “droit à l’erreur” reste pourtant un slogan. Dans les faits, l’erreur expose encore trop souvent à une perte de crédibilité, à une réaction disproportionnée ou à un management par la peur…
IA : vers un management plus utile, plus présent et plus orienté accompagnement.
Dans une tribune publiée dans L’Opinion, Cécile Dejoux décrit une mutation profonde du rôle du manager à l’ère de l’intelligence artificielle. Son constat : l’IA générative transforme déjà les usages dans les entreprises, mais les collaborateurs avancent souvent plus vite que leurs managers. Ce décalage crée une rupture silencieuse dans les organisations.
Aujourd’hui, de nombreux salariés utilisent quotidiennement des outils comme ChatGPT, Copilot ou Gemini pour produire, analyser, synthétiser ou préparer leurs travaux. Selon les études citées dans l’article, une partie importante des collaborateurs préfère même solliciter une IA plutôt que son manager pour obtenir une réponse rapide, disponible et sans jugement. Ce phénomène ne traduit pas un rejet de l’autorité hiérarchique, mais révèle surtout une attente nouvelle : un management plus utile, plus présent et plus orienté accompagnement. Je vous explique.
Manager une génération qui s’autocensure.
Le terme “cringe” s’est imposé dans le langage courant des plus jeunes. Il désigne ce moment de gêne sociale où un comportement, une prise de parole ou une posture est perçue comme décalée, inadaptée, voire embarrassante. Rien de nouveau en soi. Ce qui change, c’est l’intensité et la portée de cette perception.
Une étude conduite par YouGov en partenariat avec Yahoo met en lumière un point rarement discuté en entreprise : plus de 50 % des jeunes de la Gen Z déclarent s’autocensurer par peur d’être jugés “cringe”. 55 % disent que cela limite leur expression émotionnelle, 35 % leurs centres d’intérêt, et 38 % leurs initiatives relationnelles, y compris dans la vie réelle.
Ce n’est pas anecdotique.
IA et relations managériales : combinaison prometteuse… ou tension à réguler ?
Au fur et à mesure des conversations avec des participants de mes groupes, je m’interroge sur la place que prend l’intelligence artificielle dans le travail des managers. Pas tant sur ses capacités — elles progressent vite — que sur ses effets, plus diffus, sur la manière de manager.
Sur le plan opérationnel, le bénéfice est incontestable. L’IA structure, accélère, clarifie. Elle devient un appui solide pour organiser un projet, préparer une communication, synthétiser des informations. Une étude du National Bureau of Economic Research (Brynjolfsson, Li & Raymond, 2023) montre par exemple une hausse significative de la productivité et de la qualité du travail chez des professionnels accompagnés par un assistant conversationnel.
Mais une question reste ouverte : que devient le rôle du manager dans ce contexte ?