IA : vers un management plus utile, plus présent et plus orienté accompagnement.
Dans une tribune publiée dans L’Opinion, Cécile Dejoux décrit une mutation profonde du rôle du manager à l’ère de l’intelligence artificielle. Son constat : l’IA générative transforme déjà les usages dans les entreprises, mais les collaborateurs avancent souvent plus vite que leurs managers. Ce décalage crée une rupture silencieuse dans les organisations.
Aujourd’hui, de nombreux salariés utilisent quotidiennement des outils comme ChatGPT, Copilot ou Gemini pour produire, analyser, synthétiser ou préparer leurs travaux. Selon les études citées dans l’article, une partie importante des collaborateurs préfère même solliciter une IA plutôt que son manager pour obtenir une réponse rapide, disponible et sans jugement. Ce phénomène ne traduit pas un rejet de l’autorité hiérarchique, mais révèle surtout une attente nouvelle : un management plus utile, plus présent et plus orienté accompagnement.
L’enjeu n’est donc plus de savoir si le manager maîtrise parfaitement les outils d’IA. Son rôle évolue ailleurs. Il devient celui qui donne du sens, qui arbitre, qui aide à discerner, qui protège des dérives et qui maintient la qualité de la coopération humaine. Car l’IA produit aussi des effets secondaires : surcharge cognitive, multiplication des contenus, biais, dépendance aux assistants numériques ou encore dilution du collectif.
L’article souligne également une transformation plus radicale : demain, chaque salarié pilotera probablement des agents IA capables d’exécuter des tâches complexes de manière autonome. Dans ce contexte, les compétences managériales deviennent universelles : fixer un objectif, cadrer, superviser, ajuster, décider dans l’incertitude. Le management cesse progressivement d’être uniquement une fonction hiérarchique pour devenir une compétence transversale.
C’est précisément là que le manager humain reste irremplaçable. L’IA ne sait ni faire preuve de courage relationnel, ni gérer une tension d’équipe, ni transmettre du discernement, ni arbitrer entre performance et humanité. La valeur du manager se déplace donc vers des compétences profondément humaines : jugement, empathie, cohésion, intelligence relationnelle et capacité à faire coopérer humains et technologies.
La question n’est plus : « Faut-il intégrer l’IA dans le management ? ». La question devient : « Comment manager humainement dans un environnement où humains et IA travaillent ensemble ? »
Source : article de Cécile Dejoux publié dans L’Opinion, avril 2026.
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