Retirez le costume : pourquoi vos vacances ne sont pas un privilège (mais un actif stratégique)

Du badge d'honneur de l'épuisement au véritable discernement de leader : comment réapprendre à couper sans culpabiliser ?

C'est l'été. Et pour beaucoup de dirigeants, c’est aussi le retour d'une drôle d'angoisse : celle des vacances. Je me rappelle précisément de ces moments, moi-même en tant que dirigeant, durant lesquels je me sentais mal à l'idée de m'arrêter, même si la perpective de me poserez famille était la plus grande joie de ma vie.

Sur le papier, nous avons une liberté totale. Dans les faits ? Je vois beaucoup de leaders qui s'imposent de ne pas s'accorder de "privilèges", quand ils ne brandissent pas l'épuisement comme un badge d'honneur ("Je n'ai pas pris de vacances depuis deux ans").

Le résultat de ce présentéisme mental ? La culpabilité permanente. On culpabilise de ne pas travailler en congés, puis on culpabilise de travailler quand on devrait déconnecter. On en vient à faire des vacances un sujet de performance en soi, une injonction à "réussir son repos" pour rattraper des mois de surmenage.

Il est temps de poser un autre regard sur ce temps essentiel de récupération.

1. Votre santé est un outil de travail (et la science le confirme).

Le présentéisme nous pousse au sur-effort, mais la réalité est beaucoup plus pragmatique : le corps et l'esprit d'un dirigeant sont ses premiers outils de travail. Vos décisions engagent toute votre entreprise.

Une étude d'envergure menée par la McKinsey Academy (publiée dans la Harvard Business Review) a démontré qu'un manque de récupération et de sommeil chez les dirigeants altère directement les fonctions exécutives du cerveau : la résolution de problèmes, la prise de décision stratégique et la capacité à gérer ses émotions.

En clair, ne pas couper ne fait pas de vous un super-héros, cela réduit scientifiquement vos capacités cognitives de leader : les temps de pause ne sont pas un luxe ou un privilège. C'est un actif stratégique vital pour investir pleinement votre temps productif. Pour performer comme un athlète le jour J, il faut savoir soigner sa récupération le jour d'avant.

Quand Marc est venu me voir, il était au bord de l'implosion, persuadé que s'il s'arrêtait deux jours, sa boîte s'effondrait. J'ai introduit quelques exercices simples et accessibles de respiration durant nos entretiens : il a réalisé que son "sur-effort" masquait une immense fatigue qui polluait ses décisions. En réapprenant à sanctuariser ses breaks, il a non seulement retrouvé son énergie, mais son Codir a gagné en autonomie. Le repos de Marc est devenu le levier de croissance de sa boîte.

2. Le but n’est pas de remplir le temps, mais de savoir qui l'on est sans son "costume"

Pourquoi est-il si difficile de s'arrêter ? Parfois, c'est l'angoisse de se retrouver face à soi-même. Quand l'identité professionnelle prend toute la place, on ne sait plus très bien qui l'on est une fois déshabillé de son rôle, de ses responsabilités et de ses urgences quotidiennes.

Développer son discernement, c'est comprendre que votre valeur ne réside pas dans le fait de remplir votre agenda ou d'être constamment occupé.

Le but n’est pas d’occuper le temps, mais d'être pleinement présent et disponible quand cela est nécessaire. Cette soft skill indispensable vous permet d'offrir le meilleur de vous-même, plutôt que ce qu'il reste de vous après l'épuisement. Et pour cela, il faut accepter de poser le costume de temps en temps.

Sarah, une DG que j'ai coachée récemment sur la thématique de la décision et du stress (et du stress dans les décisions !) avait l'agenda le plus plein que j'aie jamais vu. Pour elle, "gérer" signifiait "remplir". Lors de nos séances, nous avons exploré ce qui se cachait derrière cette hyperactivité : la peur du vide et la perte de repères hors de son rôle de boss.

Grâce à des pratiques d'ancrage et de présence, elle a développé ce discernement vital. Elle a appris à s'alléger pour être 100 % disponible sur les arbitrages à fort impact. Elle a arrêté de courir, elle a commencé à diriger.

Et vous, arrivez-vous à retirer votre costume de dirigeant pendant les vacances, ou la culpabilité s'invite-t-elle dans vos bagages ?

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Apprendre à couper, à apprivoiser le vide et à muscler son discernement ne s'improvise pas. C'est un travail de fond.

Je vous accompagne à travers un programme de coaching individuel basé sur la pleine conscience pour vous aider à retrouver votre juste présence, à diriger avec plus d'impact et à faire de votre écologie personnelle votre meilleur levier de croissance.


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